Mon cinema du cul

« The Deuce », la série qui nous plonge dans les 70’s et l’émergence de la pornographie

Ca veut dire quoi « The Deuce » ?

« The Deuce » est le raccourci de Fourty – Deuce, le surnom donné à l’époque au bloc de rues que constituaient la 42 ème rue Ouest et son croisement avec la 7 ème et la 8 ème rue. Ce quartier très mal fréquenté été couvert par une myriade de petits cinémas de seconde zone qui projetaient des films pornographiques.

Synopsis

La série met en scéne l’histoire de la libération des moeurs et de l’émergence de la pornographie au coeur de Manhattan dans les années 70, quartiers hautement mal famés ou se croisent prostitués, délinquants, macs, flics, trafiquants de drogues, mafia, parieurs.

Dans ce coin de New York rien n’est tendre, les filles sont des gagneuses sur exploitées par des macs violents et avides d’argent. Les flics sont corrompus et ramassent un pourcentage sur toutes les nouvelles affaires qui se créent et la mafia ouvre des commerces partout afin de couvrir ses agissements non légaux. Autant vous dire qu’il ne fait pas bon vivre dans ce coin de NY.

Qui est aux commandes de la série ?

David Simon, auteur américain est à l’origine d’une partie des dialogues de la série. Spécialiste du genre il est déjà  le créateur d’autres séries qui ont formidablement bien marché comme « The Wire » ou « Show me a Hero ». Son ambition est de proposer une peinture des plus réaliste des Etats-Unis à différents moments de son histoire. Ici il a  choisi les années 70 et a recueilli de nombreux témoignages de cette période particulière afin de pouvoir les adapter dans son scénario.

George Pelacanos est le co-auteur de la série. Auteur noir de la littérature américaine c’est sa première collaboration sur un projet de ce type et je trouve que l’association des deux est une réussite.

Pourquoi j’ai aimé cette série ?

Parce qu’elle est portée par de très bons acteurs qui ont su se couler parfaitement dans le moule de ces années là. J’ai navigué avec aisance entre Candy (Maggie Gyllenhaal) la prostituée indépendante, sans mac, qui mène sa barque et qui cherche par tous les moyens à s’en sortir et a s’élever et Les Fréres Martino ( James Franco joue les 2 rôles) qui tiennent des établissements qui servent de couverture à la mafia. J’aime aussi beaucoup les actrices qui jouent des prostituées (Emily Meadre, Dominique Fishback), elles sont criantes de vérité et de bon sens. On retrouve ici une peinture humaine de l’époque sans fioritures, juste et bien orchestrée.

Parce qu’elle soulève des questions qui me semblent toujours d’actualités comme » la marchandisation du corps féminin à travers la rue et l’industrie pornographique ». C’est intéressant de voir que les femmes ne sont que des objets dont on va se servir exclusivement pour gagner de l’argent que ce soit sur le trottoir ou à travers l’exploitation de leurs images et de leurs corps dans le tournage de films pour adultes. A aucun moment dans cette première saison nous voyons des femmes qui ont véritablement le choix de vendre leurs sexes ou non. Elles ont été ramassées par des macs peut scrupuleux qui les tiennent par la violence. Elles ont bien quelques sursauts ou elles vont essayer de réclamer de meilleures conditions de travail mais cela ne va pas plus loin. La série étale largement la misogynie de l’époque en sculptant avec beaucoup de soin les personnages masculins que ce soit dans leurs attitudes ou à travers leurs dialogues. Nous sommes dans un monde d’hommes, fait pour les hommes et dirigé par des hommes et personne n’ose s’opposer à cela.

Parce que nous sommes dans une époque qui est en train de basculer vers une libéralisation du sexe et de la pornographie.  On assiste à la naissance d’une industrie ou l’outil de travail est le travailleur lui même.  La loi qui était encore très stricte dans les années 60 commence à s’assouplir. Elle va permettre aux producteurs de films sous le manteau de se développer et même de s’industrialiser. C’est une véritable peinture sociale de ce que le capitalisme peut offrir de plus misérable à travers l’exploitation sans vergogne des bas fonds et de la misère. Peu importe comment faire de l’argent, la seule chose qui compte est d’en faire car en avoir c’est détenir le pouvoir.

Parce que j’adore la mode et la musique de cette époque et que la série nous replonge totalement dedans. Le travail pour tout reconstituer est juste titanesque, on a vraiment l’impression d’y être, ça boit, ça fume partout, les rues sont crades, les chambres d’hôtel miteuses, ça se bat et c’est bruyant.  La qualité visuelle et filmique avec cet aspect un peu vieilli est formidable et tellement naturelle que je tire mon chapeau à l’équipe technique.

Mon Avis

J’aime vraiment et je vous conseille de la regarder si vous cherchez quelque chose de nouveau et de bien fait à visionner. J’attend avec impatience la deuxième saison qui devrait quant à elle se focaliser un peu plus sur le développement de l’industrie du film pornographique et nous y plonger.

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