Notre avis sur le cul

“A coeur Pervers” D’Octavie Delvaux

Il y a des écrivains que l’on aime lire. Alors on les suit au fur et à mesure qu’ils publient de nouvelles oeuvres parce qu’ils possèdent la capacité de nous faire entrer dans un autre monde et de nous faire rêver.

C’est l’effet que me fait Octavie Delvaux que je lis depuis longtemps, à la fois au travers des collections “Osez 20 histoires de …” et puis avec ses premiers romans “Sex and the Kitchen et Sex and the TV” dont je vous ai déjà parlé sur le blog.

Cette jeune femme possède l’art de manier les mots, de construire des phrases qui me laissent pantelante de désir à chaque fin de chapitre. Elle utilise à la fois le registre du sexy et de la pornographie avec une dextérité sans faille en utilisant avec savoir faire un certain niveau de la langue française.  Fine lame du désir, elle sait retranscrire l’intimité des alcôves, le ressenti des couples, l’apogée des jouissances comme le ferait une amoureuse qui vient de jouir de son partenaire.

Son nouvel Opus qui porte le joli nom évocateur d’ “A coeur pervers” n’est plus un roman mais cette fois ci, un recueil de 23 nouvelles, style dans lequel elle excelle,  divisé en deux partie bien distinctes:  Eros et Thanatos.

Ce choix est judicieux car il permet de traiter de l’ensemble de ce qui constitue le désir. L’érotisme, l’envie, le voyeurisme, l’infidélité, l’amour, l’excitation, les fantasmes sont au rendez-vous dans cette première partie, mais avant tout l’Homme. Car sans l’Homme, sans ce qui le constitue, peut-il y a voir désir et sexualité ?

Elle nous rappelle à travers ses personnages, que le désir ne quitte jamais l’homme, qu’il est ambivalent et instable , qu’il ne s’explique pas. Le désir mène les Hommes et  possède le pouvoir de les élever ou de les détruire. Et quoique nous fassions, nous vivons tous le même schéma, celui de l’envie, de la reproduction, de l’amour et des désillusions.

Deux textes m’ont particulièrement interpellés dans cette première partie.

Coup de foudre à grande vitesse

Octavie Delvaux, reprend à son compte, le schéma ancestral de la féminité épanouie et offerte au regard de la jeunesse. Les personnages se désirent mais resterons dans un silence assourdissant tout le temps d’un voyage en train. Toute cette tension intérieure qui se joue entre les deux protagonistes m’est apparue comme une ode à la nature, au désir que celle ci projette sur nous. L’animalité de la femme qui voit le jeune homme comme un renouveau à sa sexualité vieillissante et le désir de celui-ci de posséder cette femme qui lui semble incarner l’idéal féminin hante l’écriture d’un bout à l’autre. Ce huit clos intérieur qui secoue les personnages le temps d’un voyage de quelques heures et d’un érotisme insoutenable, pour le lecteur qui attend qu’un des deux fassent le premier pas, en sachant pertinemment que rien ne se fera.

Ce texte d’ouverture du recueil n’est pas là par hasard. Il est là pour nous rappeler que nous sommes tous égaux face au désir. Nous avons tous vécu cette situation ou, ravagés dans nos entrailles par une force que nous ne pouvions ignorer , nous nous sommes tues pour correspondre à ce que la société attendait de nous.

It must be love est le second texte que j’ai adoré de cette première partie. Octavie Delvaux nous parle ici de la jeunesse, de sa fougue et de ses envies d’aventures. Les personnages sont frais, touchants de réalisme. Ils sont face à cette découverte du désir que l’on a tous à 15 ans. Comment le gérer et le vivre? comment aller vers celle qui fait battre le sang de l’envie ? Celle que l’on veut prendre et baiser, parce qu’elle incarne la fantaisie que l’on cherche tous à un moment de notre vie. Les personnages sont beaux et intenses, ils n’ont peur de rien, ni de leurs corps, ni des mouvements de la vie. Ils ont cette forme de liberté que l’on perd en vieillissant. Ils se foutent de tout, pourvus qu’ils ressentent cette flamme qui ne les quittera que bien plus tard.

Je m’y suis reconnue jeune, pleine d’envie, coulante de cette sève qui ne se tarie jamais. Pleine d’espoirs pour un futur auquel je rêvais mais que je ne pouvais pas visualiser. Cette allégorie de la jeunesse et du désir que fait Octavie Delvaux est parfaite

La seconde partie du Recueil, Thanatos rassemble des textes plus intimes, correspondant à un état plus aboutie du désir. Les protagonistes sont toujours confrontés aux affres de l’envie mais ils semblent savoir un peu mieux ce qu’ils sont et ou ils vont dans cette aventure qu’est le sexe. L’éclairage des textes est très nettement tourné vers le BDSM, milieux qui pour ma part me correspond entièrement.

Les femmes y sont dominatrices ou en découverte d’elles même et de cette voie. Les hommes ici comptent pour du beurre, ou sont des soumis consentants. Ils sont les instruments du désir féminin et ne s’en plaignent pas.

L’histoire qui m’a le plus séduite est Conseil de discipline ou les affres d’une domination sexuelle au sein d’un collège. A l’heure ou les punitions corporelles sont décriées et interdites à l’école et à la maison, il est particulièrement excitant de raconter une histoire de ce genre. Introduire son amant dans un complexe éducatif et le punir comme il se doit de son ignorance en géographie relève d’une tournure d’esprit perverse et enchanteresse.  Les règles doivent être respectées et les leçons apprises, sinon les punitions pleuvent à grand coups sur les fesses dudit ignorant. Je me suis délectée de cette correction tout en frissons, donnée à l’amant et entraînant les deux personnages vers une extase sans nom.

Il y a bien sûr, plein d’autres histoires remplies d’autres saveurs qui vous feront bondir d’excitation et vous trémousser sur vos chaises. Que ce soit Eros ou Thanatos, vous trouverez de quoi satisfaire vos envies littéraires.

Je ne peux que vous conseiller de courir acheter cet ouvrage, publié aux éditions La Musardine pour 18 euros. Lisez le doucement, dégustez le et rappelez vous combien, vous aussi vous êtes plein de ce désir incontrôlable et si jouissif.

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