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Avoir encore plus de plaisir sans culpabiliser

Le plaisir féminin est un sujet qui génère énormément d’interrogation dans la sphère médicale et intellectuelle.

Quand j’ai fait des recherches sur le sujet pour étoffer mes connaissances et vous en parler, je me suis rendue très vite compte que l’on parlait du plaisir féminin uniquement comme d’un but à atteindre et non pas comme d’une réalité existante et enthousiasmante.

Il est traité de la même façon qu’une pathologie et ce malgré les décennies de travaux et de combats féminins pour expliquer au monde entier que les femmes peuvent éprouver du plaisir seules en sortant du cadre hétéro-normé de la société.

Pour moi et je crois toujours en cette réalité qui est profondément ancrée en moi, le corps est naturel.  La sexualité aussi et si nous étions à l’aise avec cette réalité, nous n’aurions sans doute beaucoup moins de problèmes à ressentir du bien.

Je n’ai pas envie pour ma part de limiter ma sexualité et mes orgasmes au clitoris et au vagin alors que le terrain de la jouissance est si vaste. Je n’ai certainement pas envie non plus d’être un sujet d’étude, une sorte de cobaye auquel on viendrait poser des questions pour comprendre comment la jouissance arrive.

Nous avançons vraiment à petits pas et les sujets de société ne sont traités que d’un seul point de vue, ce qui m’ennuie assez pour être franche avec vous. Je ne crois pas à la fatalité mais en l’éducation, dont nous sommes tous les acteurs.

Il est temps que l’on parle aussi de toutes ces femmes qui ont trouvés l’orgasme, seules ou accompagnées et qui veulent encore plus de plaisir dans leurs vies. Il me semble que c’est le bon contre pied à tout ce discours médical et sociologique qui tente d’expliquer pourquoi les choses ne fonctionnent pas. Sortons les femmes de ce statut d’éternelles victimes de la société et donnons leur, le droit de jouir encore plus sans culpabilité.

J’ai toujours joui, j’ai cette formidable chance. Depuis que je suis jeune, je suis intéressée par la forme de mon sexe et sa fonction. Je ne suis pourtant pas née dans une famille ou l’on m’encourageait à penser de cette façon, mais la curiosité à toujours été plus forte que moi. Je me souviens parfaitement d’avoir été chercher, à 12 ans, un jour ou j’étais seule à la maison, le miroir grossissant de ma mère et d’avoir regardé mon sexe.

J’ai été ravie par cette découverte. J’ai aimé tout de suite, les petits plis roses, les variantes de couleur de mes chairs. Je trouve toujours cela très beau d’ailleurs. Et puis il y a cette humidité qui se cache en son creux, cet appel à l’aspiration, ces gouttelettes ou la lumière vient se perde. Je crois que ce jour, je suis tombée amoureuse de ma chatte pour la vie. J’avais pour moi un formidable outil dont il fallait que j’apprenne à me servir.

Dans ma tête, posséder une si belle chose ne pouvait qu’apporter une vie de plaisirs et de fierté. Bien sur je n’avais personne autour de moi à qui en parler, mais ce n’était pas bien grave, je détenais une clé qui allait m’ouvrir les plus belles portes.

J’ai observé encore bien des fois mon sexe, avant de tester des choses dessus et dedans et j’ai toujours pratiqué ces expérimentations avec une grande joie et une impatience avérée. Le soir je m’endormais en me caressant et en guettant les sensations qui en découlaient. J’avais chaud, j’avais des frissons c’était si bon que je dormais du sommeil du juste.

Vers 14 ans, j’ai eu mes premiers orgasmes, je ne savais pas que cela s’appelait comme cela à l’époque mais je trouvais cela délicieux car ça m’apportait beaucoup de bien être et de réconfort. Je ne me refusais jamais cette sensation et j’essayais toujours de l’améliorer. Je me souviens d’avoir lu avec un ami plus âgé qui me draguouillait un peu, un texte érotique qui parlait du sexe de la femme. J’y ai vu comme un eccho de ce que je vivais secrètement et j’ai su que j’étais sur la bonne voie.

Mes 15 ans furent l’année ou j’eu enfin ma chambre à moi toute seule. Elle était au sous sol de la maison familiale et possédait une armoire avec un long miroir à l’intérieur. C’est à cette période que j’ai pris conscience que j’avais un clitoris et que j’ai commencé à travailler mon vagin. J’y ai fait entrer tout ce que je trouvais et qui semblait pouvoir m’apporter du plaisir, j’ai ainsi pu déterminer avec précision tous les points qu’il fallait stimuler en moi pour déclencher du plaisir et des orgasmes. J’ai d’ailleurs commencé à squirter à cette époque.

Je crois que ce fut le vrai tournant de ma sexualité en devenir. Je savais que mon sexe était une source de plaisir, je savais m’en servir et j’avais une vraie confiance en moi. Quoiqu’il puisse m’arriver avec un homme, je n’avais aucun doute sur ma capacité à jouir. Face à mes copines de l’époque qui, elles avaient déjà franchi le cap de la première fois, et qui se lamentaient de ne rien ressentir, j’étais super sereine.

Je le suis toujours aujourd’hui, 25 ans après, malgré la vie qui passe, les grossesses qui changent le corps et les hommes qui ont jalonnés ma vie. J’ai découvert d’autres façons d’avoir du plaisir mais j’ai toujours gardé en moi cette confiance.

 Je jouis toujours autant et je n’en ressens aucune culpabilité, même si parfois certains ont essayé de m’expliquer que je n’étais pas normale, que j’avais des besoins hors normes ou que j’étais surement nymphomane. (Les hommes sont parfois cruels quand ils n’ont pas vraiment confiance en eux) J’ai juste confiance en moi et j’écoute mes besoins, pas ceux qu’il faudrait avoir pour correspondre à un idéal qui n’est pas le mien. Je crois que c’est le seul endroit ou il faut savoir être égoiste.

Si j’ai besoin de jouir de multiples fois je me l’offre en toute sérénité, je n’ai pas honte de dire que la masturbation fait partie de ma vie et qu’elle m’apporte une grande satisfaction. Je ne ressens pas non plus de culpabilité vis à vis de l’homme qui partage ma vie intime. Les jouissances sont différentes et ne se comparent pas. Les femmes sont comme les hommes, elles ont besoin de jouir et ne devraient pas le cacher parce que ce n’est pas vraiment correct de le dire.

J’encourage vraiment toutes les femmes ainsi que les jeunes filles à apprivoiser leurs corps et leurs sexes et à apprendre à les aimer. De l’amour de soi et de ce qu’on est, découle la confiance en soi.

J’encourage les parents à avoir un discours honnête et simple avec leurs enfants sur les fonctions du sexe féminin et masculin. A dire que la sexualité apporte du plaisir et un enrichissement personnel, qu’elle est naturelle et qu’elle fait partie intégrante de la vie d’adulte.

Je souhaite que l’on sorte des clichés de la femme frigide ou nymphomane. Les femmes sont tellement autre chose, elles ne se réduisent pas à leurs sexes et aux fonctionnalités de celui-ci. Il est temps de dire bien fort que l’accès à la jouissance est avant tout une aventure individuelle qui se construit au fur et à mesure que l’humain grandit dans l’amour de soi et de son sexe.

5 réflexions au sujet de « Avoir encore plus de plaisir sans culpabiliser »

  1. Bien d’accord. Connaître son corps, jouir pleinement sans complexe…
    Je suis presque surpris que tu évoques encore ces jugements de valeurs simplistes des gens qui partagent les femmes entre frigides ou nymphomanes. Ça existe encore ? Parmi les plus de 50 ans peut-être (voire les plus de 60 !). Pas chez les plus jeunes, quand même ?…

    1. Non ce n’est pas réserve aux vieux comme vous semblez le croire. Il y a encore beaucoup de gens pour qui jouir est soit un grand mystère, soit une marque de libération sexuelle trop bruyante. Je ne parle dans mes articles que de la vérité de terrain. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui nous parlons beaucoup de sexualité un peu partout que tout le monde est véritablement libéré, loin de la et ce même chez les jeunes gens.

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