Et toi qu’est ce que tu veux ?

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Pendant longtemps, j’ai pensé qu’avoir une famille était la consécration de ma vie amoureuse. J’ai épousé le premier gars que j’ai rencontré pour partir de chez moi parce que c’était pas très drôle chez moi.

Moi j’avais besoin de voir la vie sous un autre angle, celui de la liberté. Celle ci même qui m’avait tant manqué toute ma jeunesse, coincée entre deux adultes qui avaient leurs propres névroses et qui ne savaient pas les dépasser.

Alors partir loin, voler de mes propres ailes et décider de tout, c’était comme un bonheur sans fin. J’ai vécu ainsi plusieurs années, trouvant que la liberté avait un goût que rien n’égalait, pas même l’amour qui à ce moment là me semblait bien dérisoire à côté de tout ce que la vie pouvait m’apporter.

Je me sentais comme un poisson dans l’eau, d’un côté j’avais un mec cool et de l’autre je touchais à tout ce qu’on m’avait interdit toute ma vie.  Le summum de l’orgasme matériel.

Je baisais souvent, j’inventais les histoires qui me plaisaient et je décidais de tout pour tout dans toutes les situations. Mon mec était toujours d’accord, on ne se disputait presque jamais.

Sauf qu’un jour je me suis ennuyée dans cette vie que je croyais bien réglée et sans failles. Finalement ça manquait quand même de charme cette vie ou on faisait tout comme il faut jusqu’à outrance. Ça finissait par me donner envie de gerber partout.

Un matin, je me suis réveillée à côté de mon mec et pour la première fois de ma vie je l’ai vu comme un étranger. Un inconnu que je ne désirais plus, que j’aimais bien certes mais sans plus . Alors sans doute parce que je ne sais pas dire non à ce que j’appelle mon aventure intérieure, je me suis mise à le tromper doucement pour commencer, puis beaucoup plus.

Je regarde cette période de ma vie avec tendresse, chasseuse de rêves à la peau tendre et à l’esprit aiguisé, j’ai dragué pour baiser et c’était facile. Je suis tombée sur des cas d’école, des hommes dignes de jouer dans un film de Chabrol.

Alors défilèrent dans ma vie une palanquée de portraits humains. Il y eu l’homme d’affaires ultra dominant à la grosse queue et sodomite de son état, qui lui voulait sans cesse conquérir mon cul. Il me baisait avec férocité en me parlant de ses décalages horaires.

Ensuite, vint le peintre en bâtiment égyptien aux yeux de velours, il buvait des laits fraise en me chantant du Dalida. Lui son truc c’était la pipe, il aimait se faire sucer des heures. Il me parlait dans sa langue maternelle dans ces moments là, c’était une sorte de poème doux à mes oreilles, j’aimais bien le faire jouir juste pour entendre sa façon particulière d’egrenner les mots comme une prière exotique.

Dalida ne fut plus de mise, quand je rencontrais mon commerçant juif, la cinquantaine rayonnante, cheveux blonds décoloré, corps musclé aux hormones de la salle de gym de son quartier. Il était drôle, je le voyais dans un charmant hôtel d’une des rues attenantes aux champs Elysées. Il adorait baiser en regardant le cours de la bourse. Il m’achetait des sandwichs de chez Linas et me parlait de la chine, son eldorado qui lui avait apporté la fortune. Il me voulait rien qu’a lui et me sermonnait sur les autres hommes.

Moi, je m’en foutais, je me sentais invincible, pleine de cette morgue de la femme qui sait qu’elle va séduire. J’avais 30 ans, la vie devant moi et le corps plein d’envies.

Je me lassais donc de lui , pour tomber dans les bras d’un ingénieur informaticien de 47 ans. Ceinture noire d’Aikido, il assurait comme une bête au lit. C’est le premier mec qui me fit jouir en moins de 5 minutes et à qui j’ai crié dans le même élan que je l’aimais !!! Ce que je ne savais pas c’est qu’il s’était fait quitter par sa femme quelques années auparavant parce qu’il ne voulait pas s’engager avec elle à avoir des enfants. Résultat des courses, c’était un angoissé de la vie qui était allergique à l’engagement sous toutes ses formes. Des qu’il sentit qu’il s’attachait à moi, il réduit nos rendez-vous cul à un par mois.

Je me sentais frustrée car c’était aussi le premier mec avec lequel je pouvais jouer en inventant des scénarios sexy que nous mettions en œuvre. On baisait comme des dingues pendant des heures et il me mettait gentiment à la porte en me disant à bientôt. A chaque fois que je prenais l’ascenseur j’avais envie de pleurer. Il me désespérait avec ses peurs et je finis par ne plus le voir.

Après quelques autres rencontres, je me suis vraiment remise en question, en me disant que tout ceci était bien chouette mais qu’au fond de moi ce que je voulais c’était recomposer une famille. Alors je décidais de redevenir monogame le jour ou j’ai rencontrais un mec intelligent et sexuellement dominant qui me le demanda.

J’ai passé 5 ans ainsi à être fidèle à un mec qui lui ne l’était pas du tout et qui me dévalorisait tout le temps. Oui c’est vrai, j’aurais pu fuir, mais je pense que j’avais besoin de comprendre certaines choses avant . J’ai fait un énorme retour en arrière et je me suis retrouvée enfermée comme je l’étais jeune. Je n’avais plus de liberté aucune et une sexualité qui se résumait a subir de nombreux assauts brutaux et exclusivement axés sur mon cul.

Ce fut une période un peu difficile de ma vie, puisque qu’entre temps et parce que j’avais envie de vivre cette nouvelle relation pleinement, je divorçais.  Ce fut aussi la première fois à ce moment là que je me suis imaginée pouvoir faire une famille recomposée. C’était sans compter sur le fait que lui ne voulait rien , absolument rien construire. Parfois on croit très fort à ses rêves mais on se trompe juste de personne avec qui les réaliser.

Après avoir bataillé plusieurs années pour arriver a établir un semblant de famille, j’ai du avorter et je me suis faite quittée du jour au lendemain pour une autre vie ou il n’y avait pas de place avec mon nom écrit dessus.

C’est la vie, j’aurais tendance à vous dire et il faut la positiver. C’est ce que je pense toujours et j’ai bien raison puisque le bonheur n’est jamais très loin.

Aujourd’hui comme vous le savez je suis avec un mec bien. Bon, son contexte est méga compliqué, il est vrai, mais en le fréquentant j’ai compris qu’en fait ce que je voulais désormais c’était une véritable histoire d’amour, ni plus ni moins.

Oui évidemment, je n’ai pas encore choisi la simplicité, je vous l’accorde bien volontiers,  mais au moins, je suis certaine de ce que je veux . Je me sens en phase avec mes envies de femme

Je ne suis plus du tout obsédée par l’idée de refaire une famille, si ça vient tant mieux, j’aimerais ses enfants comme les miens mais si ça ne vient pas je ferais avec.

Maintenant les aventures c’est avec lui que j’ai envie de les vivre et il n’y à pas à dire, c’est un super bon coup !!!!!! on baise comme des adolescents à un âge ou notre sexualité devrait commencer à décliner. On s’en donne à cœur joie, ne nous épargnant rien de ce qui nous fait du bien ou plaisir.

Je me sens enfin posée dans ma condition de femme, à la bonne heure et au bon moment de ma vie. J’espère que cela marchera pour nous deux.

Et toi lecteur, toi qui parcoure ma vie, mes lignes, mes idées, elle est comment ta vie ? sais tu ce que tu veux ?

7 commentaires

  1. Bonjour,
    Je viens de te découvrir aujourd’hui via Twitter où il m’arrive d’errer souvent de comptes en comptes.
    Bravo pour ce texte magnifique

  2. Merci pour vos confidences…Personnellement, j’ai 60 ans et je me suis « réveillée  » tardivement après avoir élevé mes 3 enfants, mon boulot etc. ..bref le nez dans le guidon, je n’ai pas pensé à moi et avec un conjoint « à l’ancienne « …
    Bref je suis en pleine forme et j’ai besoin de croquer la vie à pleines dents (d’autant plus après un cancer du sein qui vient de me toucher). Par contre, après avoir eu quelques amants, je chercherais plutôt maintenant un « amoureux  » avec qui je puisse partager des projets et assouvir nos désirs en évoluant ensemble, même si ce n’est pas facile. Merci pour tous vos écrits qui m’ont beaucoup apporté….

  3. Bonjour
    Beau texte et belle auto-analyse. Cela fait 30 ans que je suis marié avec ma moitié, on a élevé deux enfants, et la vie qui va avec. Elle m’a trompé, je lui ai pardonné, ca aurait été tellement plus simple de l’accuser de tous les maux pourtant. La routine, le travail, les habitudes, sont des tues-l ‘amour, aussi radicaux qu’une arme à feu. Mais on s’est redécouvert, et j’ai décidé de ne plus la considérer comme mon épouse, mais comme ma maitresse, ce qui est fondamentalement différent, elle n’est plus la mère de mes enfants, elle est ma secrétaire un jour, mon infirmière le lendemain, je suis son casanova un jour, le lendemain je peux être un policier, et ces jeux sont jouissifs dans tous les sens du terme.
    Tant physiquement qu’intellectuellement. On s’est vraiment re-rencontrés après 30 ans de mariage.

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