Travail d'auteur

Le jour où j’ai joui dans le métro

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Palais royal – Musée du Louvre , minuit un soir de semaine

Je ne vois plus que ma main s’enfonçant dans la ténébreuse obscurité de tes cheveux, soyeuse parure aux doux reflets bleutés que caresse mes doigts avides de sensations. Massant avec une douce frénésie ton cuir chevelu, je fais éclore sous mes doigts, une multitude d’explosions de plaisirs que je savoure en fermant les yeux.

J’ai chaud, si chaud que mon corps produit de minuscules gouttes de sueur qui perlent sur mes joues et sur mon corps. Micro obus d’une guerre perdue d’avance venant s’échouer à la naissance de mes seins et mourir en se diluant sur ma peau.

Les survivantes de ce carnage moléculaire s’éparpillent sur le sol rose qui nous entoure, telle une nuée mouchetée qui se verra bientôt piétinée et effacée par une multitude de pas inconnus.

Je me surprends à admirer cette composition artistique éphémère émise par mes propres ressources corporelles et que je ne pourrais plus jamais reproduire à l’identique.

Louvre Rivoli

Le roulis enivrant qui nous porte depuis quelques minutes fait trembler ma chair adipeuse, la secouant de petites vagues régulières et tranquilles.

Collée contre les portes du métro,  ligne 1,  je sens le rythme de la musique des rails s’imprimer dans ma colonne vertébrale et le bas de mes reins.

J’ai du mal à respirer tant ta bouche vient appuyer fort contre ma gorge tendue et soudain quand l’air revient peu à peu garantir ma survie, tes dents s’aiguisent sur ma peau y laissant les marques indélébiles de ton passage.

Châtelêt

La lente et muette progression des ondulations de ton bassin contre le mien, me laisse pleine d’un désir ardent pour toi et c’est à ce moment là que je bascule dans la démesure de ma propre déraison.

Tu te plaît à suivre le rythme des stations qui bercent notre rencontre astrale et tes lèvres impriment une partition saccadée sur ma peau que peu à peu tu saccages, ne laissant qu’une plaine aride et desséchée. Je me sens avide d’un toi que je voudrais sans cesse renouvelé et de ta langue qui vient s’échouer dans ma bouche en me donnant envie d’être possédée là tout de suite.

Hôtel de ville

Mais ce qui me fait fantasmer c’est ta main aguicheuse qui remonte le long de mon ventre tendu, prêt à recevoir l’offrande de ton savoir.

Tu es animal avec tes yeux brillants de lubricité, éclairés par la lumière de la possession, tu ne me vois plus que comme une proie délicieuse à torturer et tu t’y acharne avec une volonté criminelle contre laquelle je ne peux pas lutter.

Je ne sais que mouiller et me déverser dans ma combinaison moulante qui n’est plus que le seul rempart réel entre ton désir galopant et mon envie enivrante.

Saint Paul

Manipulateur de mon désir tu sais me conduire aux frontières ténues de l’acceptable me laissant dériver vers toi et me noyer intérieurement au rythme de tes doigts qui maintenant fouillent en moi.

Alors pantelante d’un désir dont je ne peux pas contrôler l’intensité, je t’espère toujours plus profondément , plus loin et plus fort priant le dieu de la fornication de te donner l’inspiration divine nécessaire pour soulager mon envie.

Bastille

Je m’imagine pouvoir,  folle que je suis devenue, au détour d’une montée de plaisir,  te voler à tout jamais un petit morceau de ta personne. Parcelle de ton essence unique qui viendrait se déverser en moi, me laissant éternellement pleine de toi.

Alors, transfigurée en allégorie du plaisir, je rêve de pouvoir écarteler mon sexe à deux mains pour t’y faire la place qui te reviens et t’y retenir à l’infini.

Je te laisse travailler de toutes tes forces ce corps qui déjà ne m’appartiens plus tant il est devenu soudainement ta chose. Objet de tes fantasmes les plus enfouis je deviens ta poupée de chiffon, celle qui ne dit jamais non .

Gare de Lyon

Tout ton corps se tend et fait saillir tes muscles, pulsations humaines traversées par des veines saillantes  et gonflées d’un sang racé et frais. Mes doigts redessinent ces sillons dans lesquels il est possible de lire l’exégèse de ton envie.

 Puis, c’est lorsque tu te mets enfin à genoux devant moi me priant à travers tes yeux suppliants d’étancher ta soif universelle et masculine, que je redeviens l’impératrice de ton âme perdue.

Reuilly Diderot

Je suis Gorgée du mucus originel tel un fruit déjà trop mur à l’odeur particulière alors je rassemble entre mes mains la gourde de l’élixir éternel et j’y colle tes lèvres avides d impatience. Tu y bois goulûment comme un jeune tendron, ne voulant pas en perdre la moindre goutte allant jusqu’à essayer d’assécher la source

Alors pour te récompenser de tant d’efforts je deviens la reine de la mouille et à travers la lame montante de mon plaisir, j’inonde ton beau visage souriant de jets brûlants.

Tu me donnes à ton tour l’opalescente démonstration de ton plaisir, le laissant s’écouler de toi et se répandre sur moi alors même que ma seconde jouissance naît des gémissements qui s’échappent de ton corps haletant.

Nation

Enfin libérés de nos démons freudiens, nous rejoignons main dans la main l’obscurité de la nuit et  laissons derrière nous les stigmates d’un désir violent et assouvie.

3 réflexions au sujet de « Le jour où j’ai joui dans le métro »

  1. Très Chaire!

    Je m’en suis arrêté (vraiment et concrètement) à la station “Saint Paul” en Raie-Féé-Rance à l’« apôtre » — qui est la traduction du mot grec « envoyé » — et qui désigne dans cette acception un envoyé de (..) alors qu’il se trouvait sur le « chemin de Damas » pour aller (…) du mouvement (…)s dans cette région (et quelle Région!!!!!).

    Mais bon, j’éxagère!!!

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