La CUL_ture de l'Art

Robert Mapplethorpe, le génie de la photographie pornographique

Qui est Robert MappleThorpe ?

En 1946 naît aux Etats-Unis le petit Robert troisième d’une fratrie de 6 enfants. Passionné de coloriage et de collage, il entre en 1963 à l’institut Pratt ou il étudie le dessin, la peinture et la structure de la matière.

Influencé par Joseph Cornell et Marcel Duchamp, il dessine beaucoup et fabrique tout un tas de choses qui viennent meubler son appartement.

Lors de ses études, en 1967 il rencontre Patti Smith qui devient sa fiancée pendant trois ans, mais Robert est bisexuel et polygame et se tourne très vite vers les hommes.

Il découvre la photographie en 1970 en empruntant un polaroid à une de ses amies. A l’époque la photographie n’est pas reconnue comme un art mais plutôt comme la retranscription de la réalité. Peu importe, Robert se met à photographier ce qui l’entoure et notamment Patti Smith et ses amis. Il y met un tel engouement que Patti travaille comme une acharnée pour pouvoir lui fournir les films polaroid qui coûtent extrêmement chers.

En 1973 il expose pour la première fois à la “Light Gallery “ de New york.

En 1975 il acquiert un appareil photo Hasselbald et commence à photographier des stars de la pornographie, des habitués de sex clubs underground et se tourne vers le sado-masochisme. Il en devient même un fidèle adepte et mitraille ce milieu qui lui a apporté une nouvelle vision de la vie.

Il travaille également sur des projets plus commerciaux, notamment pour le magazine Interview en faisant des portraits de gens célèbres. Il fut l’un des premiers à utiliser la photo de profil pour exprimer toute la profondeur de ses modèles. Il aime aussi photographier les fleurs et les nus académiques se concentrant essentiellement sur la qualité de l’image et sur le message à transmettre.

Il ne fera que des photographies en noir et blanc, cela sera sa marque de fabrique.

Il incarne l’image de l’homme beau, élégant et vaniteux. Fort de sa notoriété, il navigue dans tous les milieux sociaux ou il est reconnu et apprécié. Il reconnait aisément qu’il à une préférence pour les hommes ayant un corps attrayant et un beau sexe.

Il a une vie sexuelle et intime trépidante, il consomme souvent plusieurs hommes par jour et apprend en 1986 qu’il est atteint par le virus du Sida.  La même année, il crée sa fondation, la “Robert Mapplethorpe fundation” pour la préservation de son patrimoine, pour démocratiser aussi la photographie et pour soutenir financièrement les recherches contre le Sida.

Conscient de sa propre disparition imminente, il croule sous les demandes professionnelles et se concentre alors totalement à ses oeuvres et à l’argent qu’il va en retirer. Il organise une soirée d’adieu dans son loft et engage un biographe pour écrire ses mémoires.

En 1988 s’ouvre à Philadelphie l’exposition “The perfect moment” qui reprend 175 photos de ses albums X (sur le sexe), Y (sur les fleurs), Z ( sur les hommes).

Il meurt en 1989, à l’age de 42 ans.

Sa légende est née.

Pourquoi la pornographie comme sujet phare ?

Robert Mapplethorpe choisit la sexualité pour s’exprimer artistiquement car c’était un domaine non exploité dans l’art contemporain de l’époque. Il s’inspira de sa propre vie intime et photographia donc tous ses partenaires et amis. Selon lui, le sexe était le seul domaine qui irradiait une part de magie et de mystère.

La sexualité qu’il montre est vraiment celle de son époque mais il a conscience qu’il faudra des années pour que les gens s’en rendent compte. Il est convaincu que montrer ce que personne n’a jamais vu à un vrai impact et ouvre de nouvelles voies de réflexion, ce qui est le sens même de l’art.

Véritable perfectionniste, Mapplethorpe a consacré toute sa vie à son art, se servant de sa vie sociale et intime pour le nourrir. Rien n’était impossible pour lui, il ne comprenait d’ailleurs pas pourquoi les gens étaient choqués par ses photos.

Ainsi il photographia inlassablement des corps d’hommes, des sexes au repos ou en érection, des images d’hommes performants ou abandonnées à l’extase, du fist-fucking et des pratiques extrêmes. Il n’hésita pas à se mettre lui même en scène, érigeant un culte à son pénis, s’auto-pénétrant d’un fouet ou bien se transformant en femme.

Bien avant l’heure, avec Mapplethorpe, Les genres s’étirèrent, se transformant au profit d’une nouvelle forme d’art dont il a redéfinit les frontières.

Si vous souhaitez aller plus loin, actuellement ARTE diffuse un documentaire sur ce fabuleux photographe qui marqua son époque par sa vision artistique.

        

 

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