Stop au monopole du Coquine ou Cochonne !!

Ma semaine qui fut particulièrement chargée en érotisme de toutes sortes m’a fait réfléchir aux mots que l’on utilisait pour définir les femmes qui aimaient bien le cul.

Je me suis donc rendue dans un haut lieu du libertinage parisien pour discuter du sujet et échanger avec des pros du domaine qui baignent littéralement dans le jus. Selon eux comment appelait-on une femme qui ne faisait pas mystère de son amour du cul ?

Quand j’ai dit que j’étais bloggeuse sexo, j’ai eu le droit au bon vieux ” Ahh tu dois être une sacrée cochonne toi !!!” ce qui m’a fait lever dubitativement un sourcil. J’étais à peine arrivée que j’étais déjà affublée d’une étiquette qu’on m’avait collée comme cela arbitrairement sans me demander ce que j’en pensais. Moi qui suis une amoureuse des beaux mots, je me suis sentie soudainement dépouillée de toute la poésie érotique qui fait ma joie chaque jour.

Très curieusement alors que la langue française est extrêmement riche en locutions et synonymes de toutes sortes, seules “coquines et cochonnes” sont ressorties à tous les niveaux quand nous nous sommes mis à parler des femmes. Ce qui m’a le plus surprise pour tout vous avouer c’est que ce sont aussi des femmes qui parlaient ainsi de la parfaite candidate libertine.

Je me suis demandée si c’était propre au domaine libertin mais en faisant des recherches un peu plus poussées je me suis rendu compte que tout le monde parlait comme cela. (Je vous encourage a lire une street interview sur le mot cochonne ici : Qu’est ce qu’une cochonne ?)

Autant vous dire que la pauvreté du champs lexical dédié aux femmes qui assument aimer le cul m’a laissé pantoise. Si j’en crois la société et sa façon d’appréhender le sujet, la population féminine qui aime la sexualité est :  soit coquine soit cochonne ou voir carrément les deux.

Les plus lettrés d’entre vous me diront que le mot coquine se justifie parfaitement puisqu’il était utilisé anciennement pour définir les gens qui avaient une vie libertine. Oui c’est vrai, mais nous avons évolué depuis et fort heureusement et nous possédons tout un catalogue de mots qui sont capables de faire frisonner le plus glacial d’entre nous. Ce qui me désespère le plus c’est que de nos jours tout est coquin ou coquine, une blague, de la lingerie, une conversation, un restaurant, une enseigne de vêtements, de la literie, un chien et je vous en passe car la liste est exhaustive. A croire que nous mangeons, dormons, vivons coquin!!!!

Il est certain qu’être une coquine très cochonne fait absolument rêver les hommes et je me demande jusqu’à quel point d’ailleurs ces deux expressions n’ont pas été créées uniquement pour les exciter ?

Car pour un homme tomber sur une cochonne c’est décrocher la super timbale. Imaginez vous, une femme qui aime le cul et qui en redemande c’est comme avoir un Pass Disney à l’année et y aller jusqu’à l’orgie. C’est le méga pied !!!

Par contre je suis quasi certaine que celafait beaucoup moins rêver les femmes qui n’ont pas besoin d’être affublées de mots débilitants pour assumer bien haut et bien fort qu’elles aiment le cul et qu’elles en sont fières.

Soyons sérieux deux minutes et réfléchissons ensemble. Avons nous besoin de dénaturer la langue française en la réduisant comme peau de chagrin pour parler du désir qui revêt à lui seul tant de formes différentes?

Le cul est comme la gastronomie, il contient une multitude de saveurs et ses actrices ne peuvent pas être réduites à des appellations standardisées qui font perdre tous leurs sens à la nature profonde et exaltante de l’acte.

Soyons inventifs, faisons jouir aussi nos oreilles. Quand je fellationne mon homme, non je ne suis pas “une grosse cochonne qui aime les sucettes”, je suis une amatrice de la bonne chaire qui fait rouler sur sa langue toutes les saveurs masculines d’une excellente queue.

Quand je fais des propositions indécentes à mon chéri, je ne suis pas une coquine mais une femme consciente que parler de cul contribue a préparer le terrain jouissif de l’homme qui me motive.

Je ne peux me résoudre à accepter que l’on spolie autant la richesse de notre langue au détriment des femmes. Il n’y a aucune raison que la culture pornographique empiète aussi sévèrement sur ce qui fait la différence entre être un pur produit marketing et une experte en sexualité.

Je refuse d’être rangée dans une catégorie qui ne contient que deux expressions que l’on attribuent sans réfléchir aux femmes qui portent en elles un amour du sexe bien fait et jouissif. C’est tellement dépassé de nos jours, nous sommes au 21 ème siècle, notre langue est riche et variée et il me semble plus qu’important de lui redonner ses lettres de noblesses. Les mots sont jouissifs en eux même, l’oreille est la première zone érogène du corps humain.

Je milite donc pour stopper le monopole de la cochonne et de la coquine afin de réintroduire en toute liberté des mots en voie de disparition qui a eux seuls sont capables de faire déferler des tsunamis de jouissances.

Voici quelques mots érotiques qui me plaisent bien et que l’on peut utiliser facilement. Badine, polissonne, malicieuse, espiègle, libertine, câline, friponne, canaille.

Vous pouvez aussi inventer les vôtres, ce qui devrait ravir les demoiselles ou les messieurs à qui vous les direz.

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Iza
Web-media traitant de toutes les formes de sexualité. Testeuse de lingerie et sextoys.
Publications: 252

12 commentaires

  1. Je suis bien d’accord avec tout ce que tu dis dans ce billet d’humeur.
    Le mot qui me plaît le plus et qui me correspond c’est câline 🙂
    Aimer le sexe sans la tendresse n’a pas d’intérêt pour moi.

  2. Bonjour,

    J’ai découvert votre blog après notre rencontre au Taken pour le lancement de la campagne de Julia Palombe.
    Je partage entièrement votre analyse sur les qualificatifs que l’on donne aux femmes.
    Pour ma part, je ne vois pas pourquoi on donnerait le qualificatif de « cochonne » à une femme qui aime et assume sa sexualité et qui a su se libérer des idées préconçues de notre société. C’est le monde à l’envers!
    J’aime bien qualifier de femme sauvage ma partenaire lorsqu’elle se laisse emportée par une jouissance primitive sans aucune retenue.
    Longue vie à l’Aristochatte!
    Bernard

  3. Je viens de découvrir votre site et c’est avec beaucoup de plaisir que je lis, pour ce qui est du sujet de cet article, je ne mettais pas trop posé la question jusque-là mais je vous donne entièrement raison.
    Pour ma part il m’arrive d’utiliser avec madame le mot “gourgandine” pour la qualifier. Je le trouve amusant.
    C’est avec grand plaisir que je continuerai à lire votre site d’ailleurs il est déjà dans mes favoris.
    Bonne continuation à vous, Damien

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