Arrêtez de vouloir tuer le genre masculin

genre masculin

Hier matin, comme souvent le samedi, je m’arrête au kiosque à journaux et j’achète Elle et Grazia, deux hebdomadaires que j’aime bien lire et qui proposent un concept qui me parle en tant que femme. Pas trop de mièvreries, des articles de fonds, des chroniques et un aperçu du monde de la mode qui me convient.

Je m’installe confortablement dans le siège du train qui file à toute allure et j’ouvre Grazia que je commence à dévorer.

Page 22, chronique de Sarah Constantin, journaliste qui tient une rubrique assez ouverte sur des sujets de société qui la passionne et qu’elle décrypte. C’est en tous les cas comme cela que la présente le magazine. Cette semaine elle a choisi de nous parler du Manspreading, qui est le fait pour les hommes de s’asseoir les jambes écartées en forme de V dans les transports,

Un sujet un peu banal à mon sens puisqu’il est traité par les médias depuis 2014 mais j’en entame tout de même la lecture pour voir ce qui est dit de cette habitude propre aux hommes.

Et là je tombe des nues, choquée par le ton de l’article et par les mots choisis pour dénoncer une pratique somme toute très masculine mais que l’on peut corriger en demandant à ces messieurs de prendre juste un peu moins de place.

Je vous cite quelques phrases qui m’ont fait réagir et que j’ai envie de vous commenter.

  • ” Je ne vais quand même pas me faire un ulcère à l’estomac pour un mec en pantacourt à poches qui me montre son micropenis”

Moi par contre, je sens l’ulcère se former en moi. Ne pas supporter une attitude est une chose, réduire la personne qui vous insupporte à la simple expression de son sexe physique en est une autre. Madame Constantin semble insinuer que tous les hommes en pantacourt manquent d’un goût certain pour s’habiller et que ceux qui en plus, écartent trop les jambes , possèdent un micropénis.

Quand elle se remaquille dans le métro, les hommes pensent-ils d’elle qu’elle a un microvagin, qu’elle est frigide ou d’autres gentillesses de ce genre ?

Doit-on se sentir obligé d’être désobligeant face au sexe opposé dés qu’il fait quelque chose que nous détestons ? Rabaisser l’autre en utilisant une image dévalorisante de ce qui le caractérise en tant qu’individu possédant un genre me semble d’une profonde imbécillité. Tellement petit d’ailleurs que je suis étonnée de le lire dans les colonnes d’un magazine qui se veut progressiste et lanceur de tendances.

Là,  deux questions se posent à moi, cette réflexion est elle faite pour faire sourire ses lectrices ou relève t-elle de sa véritable façon de voir les hommes ? Je vous avoue que j’ai déjà de sérieux doutes à ce moment de ma lecture, mais je continue à lire la chronique.

  • “Les hommes ont déjà tout, plus d’argent, plus de responsabilités, plus de pouvoir que nous et partant de ce fait avéré, je trouve ça un peu abusé qu’ils nous piquent la moitié de notre siège tous les matins, que ce soit dans le bus, le métro ou le train “

Je n’ai désormais plus de doutes quand à la façon de penser de madame Constantin. Je me demande simplement si elle vit dans et avec son temps ou si elle va continuer à se reposer encore longtemps sur ses acquis personnels. Les hommes ont eu beaucoup plus que nous pendant des années c’est vrai mais de nombreuses femmes se sont battues pour obtenir autant que les hommes. Aujourd’hui vous trouverez beaucoup de femmes à la tête de grandes carrières qui gagnent plus que les hommes, qui ont plus qu’eux et qui sont tout aussi détestables qu’eux.

Oh, certaines me diront qu’a poste équivalent hommes et femmes perçoivent des rémunérations différentes. Il est vrai, je ne peux pas le nier, mais les choses changeront, les femmes étant de nos jours totalement autonomes et prêtes à conquérir tous les secteurs, l’équilibre finira par se faire.

Opposer le statut social des hommes à la place qu’ils prennent dans le métro me semble disproportionné, encore une fois pour moi cela n’a totalement rien à voir. Toutes les catégories sociales prennent le métro et tous les hommes qui y sont assis, même les jambes écartées ne sont pas tous supérieurs socialement aux femmes qui se sentent gênées par leur présence.

  • “Quel est cet excès d’ostentatoire virilité qui pousse les hommes à asseoir leur territoire avec si peu d’élégance ? loin d’être dérisoire, ce sexisme ordinaire, en plus d’être quotidien questionne la place du corps des femmes dans l’espace public et le constant fait peur. Nous devons nous faire toutes petites, discrètes, voire ne pas exister passé une certaine heure”

A la lecture de cette phrase, j’ai explosé de rire. Haro sur les hommes, ces vilaines bêtes qui prennent toute la place, même celle des femmes qui est pourtant bien grande de nos jours.

Le sexisme ici n’est pas masculin, mais plutôt féminin, à l’heure ou les femmes occupent presque tout l’espace social, ou leur image est placardé partout, ou l’idée même de leur corps rempli des pages et des pages de blogs, de magazines et autres supports médiatiques comment peut on encore écrire que l’homme nie l’image de la femme et de son corps.

L’homme ne nie rien car il ne le peut pas, même si je suppose que parfois il en aurait bien envie. Depuis deux décennies on le bombarde d’obligations toutes protocolaires de respecter les femmes, d’accepter son côté féminin, de pisser assis, de descendre les poubelles, de s’occuper des enfants, de faire le ménage, d’être bien propre de partout.

La société l’a mis au fourneaux, lui a pris sa place devant les matchs de foot, lui a ordonné d’être de plus en plus féminin, de ne plus avoir de poils, de ne plus contester, de bander sur commande, de baiser d’une certaine façon, d’être conforme à l’image que les femmes avaient envie de voir de lui.

On a tellement voulu effacer la nature profonde masculine qu’aujourd’hui les hommes ont peur des femmes. Il suffit de discuter un peu avec eux pour comprendre qu’en réalité, ils se sentent pour beaucoup profondement dépossédés de leur identité masculine.

 Alors madame Constantin, je vous rie au nez, les femmes comme vous qui veulent couper les couilles des mecs sont de fausses féministes à mes yeux. Vouloir faire prôner le genre féminin sur le masculin en écrasant systématiquement les hommes jusqu’à dans leur manière de se tenir assis me rend juste malade.

J’élève deux petits garçons a qui je n’ai pas envie d’expliquer qu’ils ont eu la malchance de naître hommes et qu’il faudra qu’ils se castrent pour espérer vivre dans une société où les femmes veulent dominer. Le genre masculin se respecte comme le genre féminin, il n’est pas à humilier ni a rabaisser car la femme n’est rien sans l’homme et vice versa.

L’idée de penser systématiquement a instaurer une suprématie des genres conduira à ce que je nomme l’extinction de notre espèce, nous sommes tous égaux au moins en tant qu’individu humain , nous sommes seulement différents dans notre façon d’être homme ou femme, il n’y a que l’éducation et la bienveillance qui permettront de réguler les choses en profondeur.

Non à la haine et à ce genre d’article, vouloir faire subir aux hommes la même chose comme le propose Madame Constantin est un manque d’intelligence notoire, alors qu’en réalité il suffit juste d’indiquer au monsieur qui prend toute la place de bien vouloir nous en faire une et dans 99%  des cas nous obtenons gain de cause.

Je suis toujours étonnée de voir que les femmes qui semblent pouvoir tout faire aussi bien que les hommes ne savent jamais dans des cas concrets comme celui ci, ouvrir leurs bouches pour exprimer leurs mécontentements.

Je prend les transports depuis 15 ans et j’ai toujours su dire facilement et poliment à quelqu’un qui prenait trop de place de se pousser. Je ne me suis jamais sentie niée dans ma féminité ni ignorée physiquement et je pense que je prends les mêmes transports que Madame Constantin. Serais-ce un problème de confiance en soi ?

 

“Le manspreading, une arme de séduction ?”article du Monde du 16 avril 2016

9 commentaires

  1. Il m’a été donné d’échanger avec une demoiselle, lesbienne de son état (ce que je ne lui interdit et reproche nullement), à la limite de l’extrémisme anti-hétéro.
    Je sais bien que la grande majorité des femmes et des lesbiennes n’est pas de cet acabit, mais cet état d’esprit frôlant la guerre civile permanente ne me rassure guère…

    Merci pour ce billet

  2. Je vous en prie, je suis une femme et je me bats tous les jours contre les clichés de ce genre qui malheureusement font leur apparition de plus en plus régulièrement dans une presse grand public qui ne mesure pas les conséquences de ce qu’elle écrit. Toutes les raisons sont bonnes pour imposer une vision de la féminité qui tend à vouloir exister sans les hommes. je trouve cela très triste pour ma part.

  3. Oui les hommes respectent aussi les femmes
    J en suis la preuve vivante
    La femme a une immense place dans la société
    Seule une femme peut rendre un homme heureux
    Vive la femme
    ❤️❤️❤️❤️❤️

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