J'ai testé pour vous

Conférence  » Futur du sexe » à l’Opéra Bastille

Je suis allée hier, en fin d’après-midi, au débat sur « le futur du sexe » et la place du corps face aux nouvelles technologies organisé par le Monde Festival qui cette année avait pour thème « Rêver »

Il y avait qui à cette après midi débat ?

Maïa Mazaurette est une écrivain, journaliste et blogueuse française. Féministe assumée, la majeure partie de son travail tant éditorial que fictionnel se porte sur les questions de sexualité et de la place du corps dans les sociétés. Elle est également chroniqueuse pour le Monde .

Quelques uns des ses ouvrages: « Belle toute crue », « L’art du célibat »

Agnès Giard, née le 1er septembre 1969 à Vannes, docteur en anthropologie, auteur et journaliste spécialisée dans les pratiques sexuelles, les contre-cultures, les nouvelles technologies et le Japon. Depuis 2007 elle tient aussi le blog sur l’antropologie des sexualités de Libération qui s’intitule « les 400 culs »

Quelques uns des ses ouvrages : « L’imaginaire érotique au Japon« , « Dictionnaire de l’amour et du plaisir au japon »

Catherine Dufour, écrivaine de science-fiction. Née en 1966 à Paris, elle vend des voitures à Drancy et des perles noires à Tahiti avant de fabriquer des bibliothèques numériques pour l’Université. Et surtout, elle écrit. Deux fois lauréate du Grand Prix de l’Imaginaire, reprise au Livre de poche, elle est désormais un auteur avec laquelle il faut compter.

Quelques uns des ses ouvrages : « La vie sexuelle de Lorenzaccio », « Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas devenir des princesses »

Yann Minh, écrivain de Science-Fiction, Artiste Multimédia, Artiste vidéo, réalisateur de télévision, Infographiste. Il a écrit Thanatos, Les Récifs, Roman de Science-Fiction cyberpunk. Il donne aussi des cours sous une forme révolutionnaire à partir d’un univers virtuel qu’il a crée lui même et avec lequel il nous fait voyager dans sa vie.

Le débat :

Cybersexualité, intelligence artificielle, robots sexuels, transhumanité sexuelle, sensualité haptique, voici autant de mots que nous entendons tous les jours mais dont nous ne connaissons par forcement les coulisses. De quoi sera faite la sexualité du futur aux vues de la déferlante technologique actuelle?

L’homme sera t-il complètement dépassé par les robots ou ceux ci seront-ils seulement un complément à nos vies sexuelles ? La sexualité passera t-elle toujours par le corps ou celui ci sera-t’il abandonné au profit d’une optimisation  technologique de notre cerveau ?

Comment l’homme de demain jouira t-il avec les technologies mises à sa disposition ? Nos partenaires seront-ils toujours humains ou bien finirons nous par faire l’amour avec des cyborgs ?

Voici quelques questions qui se posent aujourd’hui. Nous savons déjà créer et développer des objets qui amplifient nos capacités à jouir sans l’aide d’une autre présence humaine via des sextoys connectés. Nous sommes en passe de mettre de l’intelligence artificielle dans des robots qui nous permettrons d’avoir des rapports intimes plus performants qu’avec nos partenaires humains.

Ce que nous savons aussi c’est que le désir à toujours su se désincarner pour se réinventer et rebondir et que cette notion n’est pas prête de se tarir.

Il est donc légitime de se poser la question de savoir si l’homme est en train de développer son double, plus intelligent, plus performant, plus endurant. Oui sans doute si l’on regarde cela de plus prés. Voila pourquoi nous ressentons autant de craintes en occident face à cet avenir technologique de pointe.

Les robots prendront -ils le pas sur l’homme et finiront ils par avoir des droits demande un auditeur ? Cela semble fort peu probable à Catherine Dufour qui pense que les robots ne pourront jamais égaler l’homme en terme de ressenti humain. Ce sont les hommes qui programment les émotions, elles ne seront jamais innées chez les robots même si aujourd’hui ils sont capables d’optimiser leurs intelligences artificielles entre eux et de communiquer ensemble via un langage que nous ne comprendrons jamais.

Rien de tel en Orient et plus particulièrement au japon comme le souligne très justement Agnés Giard, chez eux les technologies liées au sexe comme les « Love Dolls » qui sont très prisées, sont déshumanisées par leurs propriétaires. Les japonais semblent avoir compris que ce n’était que des objets liés au plaisir qui les accompagnent dans leurs vies quotidiennes. Rien de plus et rien de moins. 

Yann Minh rappelle quant à lui que le premier organe sexuel est le cerveau et que c’est l’émotion qui permet de déclencher le plaisir. Il voit notre avenir sexuel dans la cyber sexualité qui pour lui est une source de diversité extrême. Elle permet d’être de tous les sexes et de se connecter à travers le monde a d’autres personnes et d’autres sensualités. Le transhumanisme lui parle aussi et il est convaincu que l’on finira par optimiser l’homme donc sa sexualité par le biais de nouvelles technologies implantées sous peau ou directement dans le cerveau. L’homme ne jouira pas mieux selon lui, mais de façon différente ce qui le réjouit pleinement.

Mon Avis :

Je suis sortie de ce débat en étant convaincue que les robots ne pourraient jamais remplacer l’homme. Je les vois comme des accompagnateurs de vie qui nous permettront de travailler notre sexualité. Des »Trainers sexuels » tout simplement. Je me suis sentie très intéressée par le transhumanisme et par la possibilité d’augmenter les performances de mon cerveau et de mes capacités à jouir. C’est très stimulant de se dire que de telles opportunités prennent forme.

Moins par la cybersexualité et par la création d’avatars, je n’ai pas envie de jouir et de jouer sexuellement avec des gens à l’autre bout du monde. Je reste cependant très curieuse des avancées technologiques liées à la sexualité et je vais les suivre désormais de plus prés.

Ca m’a aussi donné très envie de me pencher de plus prés sur la Japon et sa façon de voir et de concevoir la sexualité. A moi les beaux ouvrages d‘Agnés Giard !!!

 

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