Aimer sa vulve aide à s’épanouir sexuellement

On est au XXI éme siècle et il y a encore trop de femmes dans les pays occidentaux qui ignorent tout de leurs anatomies intimes. Et quand elles sont informées, pour beaucoup d’entre elles, aimer leur sexe et le trouver beau et inspirant reste très difficile.

Comme quoi si le progrès technologique ne cesse de nous dépasser, nous n’avons pas encore trouvé le moyen de rendre les femmes plus heureuses avec leurs corps et leurs sexes.

Pourquoi ? Et bien c’est plutôt une bonne question à se poser !!

C’est surtout une question qui renvoie au fait qu’il n’existe pas encore suffisamment d’éducation sexuelle prodiguée aux femmes.

Mais si !! Allez-vous me répondre. Il y a eu la révolution sexuelle des femmes et aujourd’hui on peut accéder à toutes sortes d’informations et de contenus sur la sexualité.

Oui c’est vrai mais il y a encore aujourd’hui, en 2020, 84 % des jeunes filles de plus de 13 ans qui sont incapables de représenter, en la dessinant, leurs vulves. Donc si l’éducation sexuelle existe, elle n’a pas l’air de privilégier le sexe des femmes ni d’atteindre les principales concernées.

Essayez de votre côté, faites le test et allez ensuite vérifier sur un schéma anatomique….. Vous verrez que comme beaucoup d’entre nous, il vous reste tout à apprendre sur votre vulve et ses fabuleux pouvoirs.

Découvrir ou redécouvrir sa vulve

Pour commencer qu’est-ce que c’est que la vulve ? Parce qu’au fond quand on interroge les femmes, on se rend compte qu’il y a, dés le départ, de la confusion dans la définition même de celle-ci.

” La vulve est située en bas de l’abdomen et désigne l’ensemble des organes génitaux externe de la femme. On y retrouve donc les petites et grandes lèvres, le méat urinaire, la partie extérieure du clitoris ainsi que son capuchon et le vestibule ou l’entrée du vagin.”

Maintenant posons la question qui fâche mais qui est bien souvent criante de vérité : “Combien d’entre-vous ont regardé leurs vulves ?”

Attention, je ne parle pas de regarder vite fait comme cela, mais bien de regarder en prenant le temps de l’observer, de la découvrir et de la toucher .

Je pourrais vous poser cette question à toutes et j’aurais sans doute peu de réponses positives parce que c’est tout de même encore un peu tabou de s’observer là, dans ce monde caché aux regards.

C’est certain on en parle de plus en plus mais de là à passer à l’acte c’est une autre histoire et je ne pense pas que l’on progresse aussi vite que l’on pourrait l’espérer.

En finir avec la pression des normes esthetiques

Pourquoi on ne se regarde pas vraiment la vulve en dehors du fait que cela ne fait pas forcément parti de l’éducation que reçoivent les filles ?

C’est une question que j’ai posé autour de moi, et qui, en dehors d’avoir choqué pas mal de mes amies et collègues, m’a apporté une réponse intéressante.

“Parce que c’est moche et pas esthétique et que ça sent un peu fort”, “Parce que je ne ressemble pas aux actrices porno”, ou bien encore “Parce qu’on m’a dit que ma vulve n’était pas standard”.

Notre vulve qui est pourtant une partie essentielles de notre sexualité semble soumise, elle aussi, à des critères d’esthétisme et de beauté. Il y aurait donc un type de vulve idéale à posséder pour se sentir totalement à l’aise avec celle-ci. Dans la cas contraire, pauvres de nous, nous serions condamnées à nous cacher et à vivre avec nos vulves pleines d’anomalies et d’odeurs frelatées.

Voila encore un reliquat du patriarcat dont nous n’avons pas encore su nous défaire. En effet ce sont les hommes qui au cours des siècles passés, sans doute affolés par l’idée que nous puissions nous en servir à notre guise, ont décrit la vulve en empruntant un vocabulaire lié au monde animalier et en y projetant une image d’organe infernal et dangereux.

C’est sur qu’en disant que nous avions “des moules qui sentent la marée”, nous ne risquions pas de nous sentir hyper valorisées.

La société moderne qui aurait pu être notre sauveur à toutes, a quant à elle renforcée l’idée que pour être désirée il faut avoir un sexe sans aspérités. Rien ne doit en dépasser, ni poils, ni grandes lèvres et si c’est le cas, il faut quoi qu’il en coûte rentrer dans le moule, quitte à souffrir et à se faire opérer.

Aie, aie, aie !!! Effectivement à ce tarif là, difficile d’avoir de l’estime et de l’amour pour sa vulve qui bien évidemment ne pourra jamais ressembler à celle plébiscitée par le tout venant.

Sachez qu’il n’y a pas de modéle type de vulve et que nous sommes donc toutes différentes sur le sujet. La perfection n’existe pas et il est normal que nous dégagions des odeurs, notre corps ne pouvant pas être aseptisé.

De nombreux artistes aujourd’hui nous sensibilisent à la diversité des sexes pour montrer que la normalité se situe dans la différence et non pas dans l’uniformité.

Ces artistes militantes comme Jamie McCartney ou Hilde Atalanta ont crée des “Mur de vulves“, de tous âges et de toutes formes, afin de faire avancer l’éducation des femmes. Si vous êtes joueuses et curieuses, allez voir ces murs, vous vous y reconnaîtrez certainement et vous verrez que vous faites parties d’une famille universelle.

Aller vers l’épanouissement

Alors maintenant que l’on sait tout cela comment aller vers une amitié amoureuse épanouissante avec sa vulve ?

En l’aimant tout simplement et en la replaçant dans un contexte humain et non pas fait de peurs, de fausses croyances ou d’idéalisation esthétiques

Aimer sa vulve c’est aussi accepter d’accéder à un vrai épanouissement sexuel. C’est accepter d’avoir un sexe unique loin des stéréotypes de la pornographie ou des pressions sociétales. C’est accepter également d’avoir un sexe vivant qui coule, qui possède une odeur et qui a des envies.

Une étude américaine intitulée “Genital self image : Associations with Other domains of Body image and Sexual response“, publiée dans le journal Sex and marital therapy montre que les femmes qui ont une image positive de leur sexe, se sentent plus confiantes, ont une meilleure lubrification, plus de désir, un meilleur fonctionnement sexuel et la possibilité d’atteindre l’orgasme plus facilement.

En voilà un alléchant programme qui donne très envie de s’ouvrir à l’amour de sa vulve et de se laisser aller à la regarder, l’explorer et bien évidemment s’en servir.

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Iza
Artiste Burlesque, tenancière d'un blog sur mes aventures. Je suis une poétesse qui joue avec le cul comme avec les mots avec douceur et délectation.

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