Mon journal Intime

Ma posséssivité amoureuse

tigresse

A n’en point douter je suis une flamboyante possessive. A la fois louve et tigresse, je traverse mes relations amoureuses avec la rage d’aimer et la folie de croire à une exclusivité que je pense mériter plus que tout autre chose.

Je dis bien la folie car c’est une sorte d’utopie de croire de toutes ses forces que l’homme dans son immense banalité puisse se libérer de ses hormones pour se sublimer. Comprend t-il d’ailleurs ce qu’est la sublimation de soi ? Je ne sais pas, j’en doute souvent. Je voudrais garder cet espoir mais la réalité de notre vie me montre bien chaque jour que les tentations sont plus fortes que cette ardeur à se tenir à un amour absolu.

Je refuse la facilité, cela ne me ressemble pas et je ne veux pas tomber dans cette commune façon de penser. Je ne suis pas une princesse mais je souhaite placer le sentiment amoureux à la place qu’il mérite et qui lui revient de droit.

C’est la réalité des grands amoureux, de ces grands tragédiens qui vouent leur vie au sentiment et qui ont bercé ma construction de femme. C’est comme rentrer en religion et suivre une règle de vie . De toute façon, je ne voudrais pas d’une vie moins intense, cela me tuerait sans conteste.

Qu’y a t-il de plus beau que de ressentir ces choses à nulles autres comparables, les sentir monter en soi puis les laisser exploser et se déverser dans ce corps humain que la nature m’à donné. L’unique est la rareté, pourquoi vouloir se diviser et regarder partout ailleurs quand on peut se consacrer à un seul sujet, un seul amour.

“Don Juan “meurt de s’être trop perdu dans des conjonctures diverses, il ne voulait pas abandonner sa liberté d’aimer plusieurs personnes tant il lui semblait important de profiter de sa vie, or cela ne le conduit qu’au chaos. Il meurt de ce divertissement qu’il n’a pas su fuir et qui a comblé l’ennui de sa vie jusqu’à le pousser à tomber dans un cynisme dévastateur et meurtrier.

Je n’ai jamais compris et je ne comprendrais jamais pourquoi la consommation est préférable à la délicatesse de la vie. Pourquoi aujourd’hui nous ne sommes plus capable d’aimer à l’unique alors que ça apporte une vrai satisfaction que de se confronter à une constance. Exercice au combien difficile et douloureux mais qui apporte tant de satisfactions de soi et d’enrichissement.

Je suis toujours blessé par la futilité des hommes, par leur état naturel qui les pousse à séduire pour se sentir forts et puissants. Le monde à peu changé sur ce sujet au final et il cherche sans cesse a se trouver des justifications qui ne sont que masculines et non universelles. Comment est -il possible que les hormones l’emportent sur l’intellect ?  C’est une question que je ne cesse de me poser depuis fort longtemps moi qui rêve d’autres continents, d’autres sommets intellectuels. La sublimation de soi est-telle donc en voie de disparition?

Si nous ne devenons que des consommateurs infidèles que nous restera t-il ? Une multitude d’emballages sans vie, de vulgaire détritus, un tas de choses dont nous n’aurons que de cesse de nous débarrasser et qui viendront salir notre parcours de vie. Si c’est cela notre avenir, tuez moi, ne me laissez pas vivre dans ce monde ou la passion n’a plus de force ni d’ancrage.

Je ne veux jamais cesser de ressentir ces émois internes qui bouleversent une vie et qui me construisent en tant qu’individu. Je ne veux pas d’une banalité sous plastique, d’une relation dont je connais à l’avance la finalité et qui n’a aucun sens à mes yeux car elle n’apporte rien, même pas ce plaisir que l’on image vivre et qu’on ne reçoit pas réellement. Ersatz d’une vie surfantasmée, d’un désir physique qui à pris toute la place, laissant vide l’emplacement de la réflexion et de la maturité.

Et surtout, au firmament de ce que je ne souhaite pas vivre, se trouve ce moment ou la confiance que l’on donne à l’autre bascule du côté obscur. Il n’y a rien de plus difficile que de reprendre ce que l’on à donné à l’autre, ce qui est née d’un abandon total et qui a été offert avec humilité.

Je refuse de regarder l’homme que j’aime comme je regarde tous ces autres qui n’ont que la flatterie hypocrite comme moyen de séduction, qui ne cherchent même plus à construire mais simplement à consommer. Je cherche ma vérité, celle qui correspond à ce que j’ai à donner et à ce que je veux vivre.

Voila pourquoi sans doute suis-je une amoureuse possessive. Peut-être aussi parce qu’au delà du sexe pour lequel je suis entièrement libérée, je crois profondément à ce lien qui lie les gens entre eux. A cette magie qu’est l’amour et que nous ne savons pas toujours expliquer.  A cette histoire que l’on construit et qui marque notre vie infiniment.

Je resterais cette louve et cette tigresse, qui en son sein viendra nourrir et entretenir l’homme qu’elle reconnaîtra comme son égal. Je resterais aussi cette femme sensible qui luttera pour obtenir la satisfaction intellectuelle qu’elle recherche, refusant d’accepter la médiocrité de l’homme au profit d’une vie qui ne sera jamais la mienne.

 

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