Travail d'auteur

Elle avait tant besoin de jouir de lui

jouir de lui

Paris était délavé par les trombes d’eau. Le trop plein des gouttières du toit s’écoulait sur les vitres de ce petit appartement qu’il avait loué pour la rejoindre.

Son front était collé à la vitre d’une des fenêtres qui donnaient sur la rue. Elle se laissait bercer par la mélodie de la pluie qu’elle avait toujours trouvé rassurante. Les clapotis étaient propices à la faire rêver et à la rassurer.

Elle pensait à lui, comme presque toujours. A son sourire, cette fente rosée qu’elle aimait voir s’étirer et qui découvrait de jolies dents. Il avait le sourire facile, c’était un homme ouvert et apprécié de tous. Elle admirait son aisance et en était parfois secrètement jalouse, elle qui n’avait jamais su comment se positionner dans cette société qu’elle trouvait trop bruyante et sans délicatesse.

C’est sans doute ce qui l’avait poussé dés l’enfance à préférer le silence des musées à la folie trépidante de la rue. Elle était alors devenue peintre et parlait beaucoup mieux à travers les couleurs que dans la vie. Lui laissant la joie des grandes conversations philosophiques, elle se nourrissait de ses mots autant que de ses caresses, qu’elle appelait de toute l’ardeur de son corps.

Elle était sauvage. Il lui disait souvent d’ailleurs. “Tu es ma petite sauvageonne, une herbe folle qu’il faut savoir enrouler tout doucement autour de son doigt “. A ce moment là, il prenait toujours une mèche de ses cheveux et exécutait le geste pour joindre le mouvement à la parole. Le roux soyeux de ses cheveux faisait un écrin lumineux au brun de ses mains, glissant et naviguant entre ses doigts d’homme plein d’assurance.

Comme il était pervers, il tirait lentement sur cette mèche, l’obligeant, elle, à courber la tête pour ne pas trop souffrir. Ainsi il l’a guidait avec mille précautions intentionnelles vers sa queue qu’elle trouvait toujours dure et dressée, coulant déjà d’un plaisir qu’elle saurait amplifier avec la douceur de ses lèvres et l’expertise de sa langue.

Il gagnait toujours à ce jeu là. Elle ne pouvait pas lutter contre ce besoin qu’elle avait de jouir de lui, toujours plus fort, toujours plus présent.  Pourtant elle aurait aimé parfois lui montrer qu’elle n’était pas totalement dépendante de son unique volonté. Elle se révoltait souvent intérieurement, trop soudainement pour que tout cela ai un véritable sens, mais elle sentait bouillir en elle un appel insidieux à la révolte.

Mais il devait sentir ses moments de doutes et il s’arrangeait toujours pour la posséder et la faire céder ou qu’ils soient tous les deux.

Elle se rappelait de cette soirée masquée et huppée, ou il l’avait traîné alors qu’elle n’avait pas envie d’y aller. Elle avait fait la tête tout le trajet, pestant intérieurement contre cette volonté suprême qu’il lui imposait toujours et contre laquelle le seul pouvoir qu’elle avait était de s’incliner.

Il était sorti de la voiture, le regard noir, mais sans un mot, ce qui n’était jamais bon signe. Il avait un caractère fort et était très têtu. Il avait salué ses hôtes avec la plus grande amabilité et l’avait prise par le bras pour lui parler à part.

A cette évocation, elle se frotta machinalement le bras et replongea dans ses pensées en frissonnant.

Il le lui avait serré tellement fort, qu’elle sentait déjà qu’elle porterait la marque de ses doigts pendant quelques jours. Il aimait imprimer sur son corps les signes de ses émotions, voir qu’elle lui appartenait entre toutes et qu’elle était à son entière disposition.

Elle le savait et ne dit rien, parce qu’elle avait envie de le provoquer mais surtout parce qu’elle n’avait pas envie de lui offrir les petits cris de plaisir qui mourraient au bord de ses lèvres et qu’elle retenait de toutes ses forces. Il la poussa dans un coin sombre, remonta sa longue robe et constata avec approbation qu’elle était nue sous celle ci.

Il approcha alors ses lèvres de son oreille et lui dit sur ton doucereusement menaçant : ” Vous allez offrir à nos hôtes votre plus beau sourire ou vous serez doublement punie pour l’affront que vous nous faites à eux comme à moi!!”

Puis tout en continuant à fouiller son cou de ses lèvres, il introduisit deux doigts dans sa chatte qu’il trouva une fois de plus humide et prête à le recevoir.

De loin, il ressemblait à un couple d’amoureux s’embrassant dans un coin sombre. Pourtant c’était un tout autre enjeu qui se déroulait entre eux. Une prise de pouvoir à la fois mentale et physique. Il s’acharnait dans sa chatte. Alternant puissance et douceur, il enfonçait ses doigts le plus loin possible pour qu’elle comprenne qui était le Maître et qui commandait. Elle fermait les yeux pour ne pas avoir à lui montrer qu’elle était submergée par ce qu’il lui faisait ressentir mais son corps la trahissait à chaque poussée et elle ruisselait sur sa main, mouillant au passage, jusqu’au coude, la magnifique chemise blanche qu’il avait enfilé avant de partir.

Elle avait honte de se répandre ainsi et ici. Elle qui n’aimait que l’intimité pour s’offrir, elle se retrouvait à la merci de tous les yeux de la soirée. Mais elle ne pouvait nier l’effet que tout cela lui faisait.

Quand il sentit qu’elle était au bord de l’orgasme, il ralentit le mouvement pour la faire souffrir. Il voulait qu’elle le supplie de continuer à lui imposer cette petite correction. Elle ne pu résister bien longtemps et lui dit dans un souffle, “encore”….

Alors se peignit sur son visage ce sourire pervers qu’il n’avait que pour elle. Il alla chercher sa jouissance au plus profond de son sexe, maintenant très ouvert. Il fit glisser sa main entièrement et la secoua doucement, lui offrant ce “encore” qu’elle n’avait su que murmurer.

Quand il la sentit reprendre peu à peu pied, il retira lentement sa main et la lécha avec gourmandise. Puis il lui mangea la bouche, détruisant au passage son rouge à lèvre qu’elle avait posé avec tant d’application.

“Maintenant, allez vous rafraîchir, vous ne ressemblez plus à rien” lui dit il, en la laissant seule dans cette alcôve, privée de lui et de toutes réponses possibles.

Il pleuvait toujours sur Paris, ses pensées avaient laissé de la buée sur la vitre contre laquelle elle était appuyée, elle passa son doigt dedans, traçant mentalement l’initiale qu’il laissait partout sur ses courriers. Celle qu’il ferait bientôt graver sur elle pour la marquer à jamais.

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