Mon avis sur le cul

Pourquoi en voulons nous toujours plus dans le cul quand on est bien ?

Aujourd’hui j’ai envie de réfléchir avec vous sur un sujet qui ne m’a pas lâché de la nuit. Après une grosse dispute avec mon Maître qui a mal finie et qui avait pour sujet sa volonté de trouver une autre soumise pour notre couple. (sujet sur lequel je suis en partielle opposition car il n’est pas bilatéral à 100%) Je me suis demandée très sérieusement pourquoi nous en voulions toujours plus dans le cul alors que nous vivions déjà des choses assez exceptionnelles.

Je sais bien que la vie est courte et que nous ne voulons pas passer à côté de certaines choses mais est ce que cela justifie véritablement la convoitise dont nous sommes les victimes chaque jour de notre vie? Cette convoitise est-elle consciente ou juste le reflet de notre société de consommation qui nous transforme en consommateurs compulsifs et superficiels ? Serions-nous devenus des êtres pétris d’égos surdimensionnés ?

Autant de questions auxquelles je cherche des réponses.

Si les animaux sont repus après leurs repas, il n’en va pas de même pour nous « êtres humains » qui vivons dans un cercle de convoitise perpétuel que rien ne peut vraiment apaiser. Nous désirons jusqu’à notre dernier jour ou presque parce que nous passons notre vie à fantasmer sur ce que nous pourrions vivre et avoir. (La je commence déjà à avoir assez peur et pitié de nous en vérité, mais nous sommes tous et toutes ainsi qu’ils disent les psychologues !!)

Nous sommes poussés sans cesse par des pulsions internes et non hormonales qui nous font nous dire que rien n’est jamais suffisant. C’est triste à dire mais c’est réel. Au lieu d’essayer de construire et de pérenniser ce que nous avons, nous sommes sans cesse à la recherche de ce qui va nous apporter du plus, du mieux et du plus jouissif.

Selon Lacan notre Graal est celui du « phallus », l’objet mystérieux qui nous mettrait à l’abri du manque et de l’insatisfaction. Or le problème avec le « phallus » c’est qu’il est aussi introuvable que le fut le Graal, c’est une quête onirique, perdue d’avance qui ne mène qu’à du vide.

Fantasmer d’être le plus beau, le plus riche, le plus désiré, celui qui a eu le plus de femmes dans sa vie, pourquoi pas mais pour aller ou ? Nulle part en fait, c’est une voie sans issues.( Certains passeront pourtant toutes leurs vies à essayer de conquérir ce qui n’est pas possible d’avoir)

A désirer de façon immodérée nous finissons par nous embourber dans de multiples relations presque toujours incompatibles les unes avec les autres qui nous épuisent au lieu de nous grandir. Nous nous maltraitons sans arrêt et la plupart du temps de façon très inconsciente tant nous sommes habitués à consommer et désirer et à obtenir !!

Je me suis posée également la question de savoir si nous n’avions pas en plus de tout cela des egos très défaillants nous poussant à vouloir nous auto-acclamer comme des êtres puissants qui peuvent tout avoir. Comme le dit Aristote qui est mon philosophe préféré « Il est toujours bon pour l’homme d’être tenu en bride et de ne pouvoir se livrer à tous ses caprices »(A méditer tous les jours !!!), or nous sommes pleinement dans une société de caprices ou tout est fait pour nous faire croire que tout est possible et tout est consommable. Nous sommes devenus des objets interchangeables qu’on consomme et qu’on jette !! de toute façon ne nous dit-on pas qu’on trouvera mieux ailleurs? Quid du respect d’autrui et du sentiments humain ? oh ce n’est qu’un détail visiblement .

Bien plus jeune, alors que je n’avais pas vraiment d’expérience de la vie j’ai cru à un moment que la réussite dans le cul passait par la multiplication des partenaires. Après en avoir joui je me suis rendu compte qu’il ne me restait rien et personne pour m’accompagner dans ma vie plus classique. J’avais juste nourri mon Ego qui était plus fort que moi et qui avait sans doute besoin de se gorger de factice pour exister. Voulais-je être aimée ou montrer que j’existais comme sujet que l’on désire de toute part ? Oui a 100%, j’avais besoin d’être reconnue à ma juste valeur, de crier aimez moi pour ce que je suis, sauf qu’ici on était pas la pour m’aimer mais pour me Baiser.

Une fois que j’ai compris cela, il m’a fallu du temps, des trahisons et des larmes pour y arriver car rien n’est jamais facile dans le cheminement qui nous pousse à grandir. J’ai enfin pu réfléchir à ce que je voulais faire de ma vie intime pour qu’elle soit enrichissante et me permette d’avancer. C’est ce que j’essaye de faire chaque jour en réfléchissant au chemin que je veux construire. Je ne me sens plus du tout obsédée par l’idée de posséder toujours plus ou toujours mieux, je suis contente de ce que je possède déjà et j’ai envie de le cultiver pour voir ce que ça donnera sur le long terme. J’ai le temps et je veux le prendre.

Dans le conflit qui m’oppose à mon Maître je ne me reconnais tout simplement pas dans sa vision des choses. Si je suis pour les nouvelles expériences, je ne veux pas qu’on m’impose un mode de vie qui me fera douter des valeurs qui sont chères à mon coeur. Je ne veux pas marcher sur un fil de confiance qui se réduira comme peau de chagrin au fur et à mesure. Je ne veux pas vivre quelque chose qui fera ressortir de moi de la jalousie et du ressentiment. Je ne suis tout simplement pas prête pour vivre cela et je ne le serais peut-être jamais. Je crois qu’être vraie c’est ça, c’est d’aller toujours vers ce qui nous constitue sans faire de concessions sur l’essentiel et je le fais aujourd’hui sans peurs.

Pour finir sur une note de sagesse , comme le disait si bien Aristote « La colère est nécessaire, on ne triomphe de rien sans elle, si elle ne remplit l’âme, si elle n’échauffe le coeur, elle doit donc nous servir, non comme chef mais comme soldat »

Une réflexion au sujet de « Pourquoi en voulons nous toujours plus dans le cul quand on est bien ? »

  1. Merci pour cette réflexion que je partage. Je me suis rendue compte qu’il fallait exister pour de bon après avoir regardé ma vie pleine de baises. J’étais seule finalement, malgré tout. L’importance de savoir rester intègre.
    J’aime vraiment votre réflexion.
    Et moi aussi j’aime bien Aristote. ^^

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