L’amant ombrageux

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Le côté ombrageux de leur relation éclatait à nouveau au grand jour.

Elle lui avait dit qu’elle se préparait à vivre des choses très difficiles dans sa vie privée et qu’elle avait besoin de lui. Serait-il là pour elle ? Elle ne le savait jamais vraiment. Il était très fluctuant, un jour il explosait comme les premiers rayons de soleil d’une journée d’été, d’autres fois il s’enlisait dans un silence qu’elle ne comprenait jamais.

Elle savait qu’elle jouait à « quitte ou double » en lui disant tout cela, mais elle avait besoin de pouvoir exprimer ce qui la travaillait intérieurement. La mort était presque à son niveau et elle lui souriait de toutes ses dents. Si elle se refusait à y penser, elle ne pouvait pas ignorer que son père allait mourir.

Lui, il était loin, bien ancré dans sa vie qu’il avait construite petit à petit, toutes ses longues années qu’elles n’avaient pas vécu avec lui. Elle savait qu’il était assez hermétique aux changements et qu’il avait besoin de vivre dans une apparente stabilité.

Même s’il n’était pas toujours satisfait de sa vie, il avait pour principe qu' »on ne changeait pas une équipe qui gagne ». C’est d’ailleurs ce qu’il avait fait et il ne s’en portait pas plus mal in fine. Certes parfois il se sentait seul mais il ne faisait jamais rien pour changer les choses, préférant prendre sur lui et souffrir intérieurement. Il s’enfermait juste dans un silence éloquent dont il fallait savoir gérer les infinis méandres.

Elle, elle n’avait pas « sa force tranquille », elle était solaire et avait besoin de rêver, de faire des projets, de bouger les choses. Elle n’était pas vraiment reposante comme femme, elle disait ce qu’elle voulait avoir, se battait pour l’obtenir et ne lâchait jamais l’affaire. Elle avait un bon sens de la repartie et le faisait souvent rire. C’est sans doute ce qui l’avait séduit chez elle, ça et sa maîtrise de la fellation qui le rendait toujours plus demandeur.

Elle souriait souvent en repensant à leur premier baiser dans un métro parisien. Elle avait été littéralement scotchée à la porte qui lui soutenait le dos. Lui, égal à lui même avait trouvé le moment agréable sans plus. Puis quelques heures après, il était revenu vers elle, pour lui dire qu’il n’avait jamais vécu quelque chose d’aussi intense. Ca s’était tout lui, un moteur à retardement plein d’émotions.

Des premières fois, elle lui en fit vivre beaucoup en s’amusant de sa candeur et de sa frénésie à découvrir les choses. Elle baisa intensément avec lui, lui donna le rôle de Maître de son corps et de ses désirs. Elle lui fit la place que l’on donne à ceux qu’on aime. Puis il y eu les disputes, les doutes de sa part, la culpabilité d’aller vivre ailleurs ce qu’il ne pouvait pas construire chez lui. Elle fut le démon, la tentatrice et puis celle qui le soulageait de tout ce qui était difficile pour lui. Il revint, parti à nouveau et retourna vers elle, plein de ce désir dont il ne voulait pas devenir dépendant mais dont il avait tant besoin pour se sentir vivant.

Elle le récupérait les bras grands ouverts, qu’elle refermait sur lui pour le câliner. Mais elle ne pouvait jamais parler de ses moments d’absences. Il disait qu’il en avait besoin pour aller mieux. Elle ne savait jamais grand chose de sa vie et encore moins de cette vie à lui, avec sa famille, celle qu’on ne raconte pas à la Maîtresse. Pourtant elle n’était pas jalouse et ne jugeait jamais son incapacité à faire des choix. Elle croyait au polyamour et l’encourageait à arranger sa vie à lui pour qu’il se sente mieux.

Là, il était encore parti, elle l’avait vu venir de loin, il avait espacé ses discussions avec elle. Il faisait toujours cela avant de se mettre en mode off. Sans doute qu’une fois encore, elle lui avait renvoyé une image de lui qu’il avait du mal a supporter. Pourtant elle savait qu’il n’était pas parfait et qu’il ne la choisirai jamais, elle ne se faisait pas d’illusions. Elle n’en souffrait même pas au final même si elle grognait de temps en temps parce qu’elle voulait plus de temps avec lui. Le temps s’égrène toujours trop vite à ses yeux, elle voudrait le retenir mais il glisse entre ses doigts comme du sable fin.

Alors pour passer le temps avant son grand retour, celui qu’il ferait sans doute après avoir pris du temps pour lui, pour mieux compendre ses mots et réflechir elle ferma les yeux et s’imagina avec lui.

« Seuls sous un ciel aussi noir et ombrageux que lui, ils étaient assis l’un contre l’autre silencieux. Elle frissonnait doucement, sa peau était parsemée de petits pics de désir. Le vent lui ramenait sans cesse les effluves de son odeur de mâle dont elle raffolait. Il regardait loin devant lui, le visage fermé et les yeux luisants d’une noire intensité. Il serrait les poings comme s’il allait se battre. Elle n’osait même pas le regarder, gardant la tête baissée, elle ne faisait aucun bruit.

Elle entendit au loin, sonner le clocher du petit village voisin. C’est au moment précis ou elle se disait qu’il allait pleuvoir qu’il se jeta sur elle, l’attrapant par les cheveux. Sa tête pencha dangereusement dans le vide, mais elle n’avait pas peur.

Il l’a fit basculer dans l’herbe fraîche s’emparant avec vigueur de sa bouche. Sa langue venait la fouiller avec une telle ardeur qu’elle ne réussit pas à rendre ce baiser, alors elle se laissa faire sans lutter.

Ses mains étaient aussi frénétiques que sa langue et se frayèrent une haie d’honneur vers sa chatte déjà détrempée. Il la pénétra sans aucune forme de préliminaires allant directement chercher son point G . Elle jouit tout de suite dans un grand spasme, lui pissant de plaisir sur les doigts et le haut du bras.

Excité par cette jouissance aussi soudaine que spectaculaire, il l’a retourna et arracha son string. Elle cria de douleur quand le tissus lui scia les chairs mais il s’en ficha royalement. Il lui écarta les fesses et y plongea son nez et sa langue, la léchant avec la même ardeur qu’il avait donné à son baiser. Sa salive faisait des clapotis et son museau d’homme grognait comme un sanglier. Puis rassasié du goût de son cul, il cracha à plusieurs reprises sur son antre et y plongea avec férocité, s’y enfonçant d’un seul trait.

Il s’empara de ses seins et ne bougea plus, savourant ce moment de possession intime. Puis il la baisa lentement pour l’amener vers un autre orgasme qu’il devinait puissant. Quand ils furent tous les deux terrassés par l’immensité du plaisir, la pluie se mit à tomber. Il n’avait prononcé aucune parole et elle n’avait rien osé dire. Ainsi était-il , sans enrobage ni belles paroles, ombrageux comme les éléments qui déchiraient a présent le ciel. »

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